Dans la rame qui nous ramène vers Tokyo, les voyageurs du soir se tassent sur les banquettes, chacun à son écran ou à ses pensées. Trois semaines plus tôt, nous découvrions ces mêmes wagons, intimidés ; ils nous sont devenus familiers. La boucle, doucement, se referme vers le départ.
Projet : 10 Narita
La pagode à trois étages du Naritasan resplendit de vermillon et d’or, croulant sous les sculptures et les dorures, bien différente de la sobriété des temples de Kyoto. Élevée au début du XVIIIe siècle, elle dit le faste de ce temple populaire. Chaque poutre, chaque console y est ouvragée comme un bijou.
Dans la pénombre d’un hall, trois bouddhas dorés trônent sur leur autel, entourés de tambours, de gohei de papier et d’offrandes de bougies. Le rouge et l’or s’y répondent dans une profusion toute baroque. On glisse une pièce, on allume un cierge, et la prière rejoint celles de millions d’autres.
Voici le Naritasan Shinshō-ji, grand temple Shingon fondé voici plus de mille ans, dédié au farouche Fudō Myō-ō. Ce hall de bois sombre, aux portes rouges, n’est qu’un des nombreux édifices de ce vaste sanctuaire si cher aux Japonais. La cour de gravier s’étend, déserte, dans la lumière laiteuse du matin.
Dominant le temple, la Grande Pagode de la Paix dresse ses étages vermillon et blancs, vaste tour moderne élevée pour la prière universelle. Le Naritasan ne cesse de s’agrandir, mêlant le très ancien et le tout récent. Devant elle, nous achevons notre tour des temples du Japon, comblés et un peu étourdis.