
Vol EY 52 GVA-AUH-KTM
Le 24 novembre 2014, je suis à nouveau en chemin pour l'Himalaya, vingt ans après un premier long voyage que l'on qualifiera aisément d'initiatique, les extravagances hippies exceptées. Cette fois cependant, je laisse en Suisse ma famille et mon travail, l'une compréhensive et l'autre exigeant. Un mois de liberté au programme, pour renouer avec un peu d'aventure : l'effervescence des temples à Katmandou, puis de longues marches solitaires et des panoramas à couper le souffle au cœur du Népal rural et montagnard. C'est en tout cas ce que je m'imagine lorsque j'embarque à 21 heures pour mon vol EY 52, Genève - Abu Dhabi - Katmandou.

Langtang Himal flight Vol EY 52
Avec le soleil couchant, la chaîne de l'Himalaya se dévoile à l'approche de Katmandou, dans une succession de sommets dont certains me sautent aux yeux : les trois 8000, le pyramidal Dhaulagiri (8'167 m), le secret Manaslu (8'163 m) et la muraille des Annapurna (8'091 m). Puis se succèdent les massifs du Ganesh Himal (7'422 m) et du Langtang Himal (7'246 m), tous deux visibles depuis Katmandou. Plus loin, le quatrième 8000, l'imposant Shishapangma (8'027 m), sommet entièrement tibétain, se détache à l'arrière. Incroyable de voir mon itinéraire là, devant moi, entre le Ganesh, le Langtang et le Dorje Lhakpa (6'966 m). Fou de retrouver les images gravées dans mon souvenir, celles qui m'ont poussé à partir et celles qui se sont imposées à moi pour définir mon itinéraire, afin de fouler ces paysages grandioses. La chaîne de l'Himalaya reste visible durant environ quarante minutes de vol, pendant lesquelles les sommets sombrent peu à peu dans la pénombre.

Kathmandu Guest House
KGH : une institution ! Construit en 1967, il a su garder jusqu'à aujourd'hui un certain charme au milieu des rues surfréquentées de Thamel. Son propriétaire, Karna Shakya, forestier de formation et figure de la conservation au Népal, est considéré par beaucoup comme le père du tourisme népalais.

Thamel
Thamel, le quartier des voyageurs à Kathmandu. Un dédale de ruelles où s'entassent enseignes de trekking, boutiques de matériel et d'artisanat, le tout noyé dans un fouillis de câbles électriques. Vingt ans plus tôt, j'y avais découvert l'ancien repaire des hippies sur la route de Kathmandu ; le quartier a bien changé, mais il garde cette effervescence qui happe le voyageur dès l'arrivée.

Helena's Rooftop
Après la rue, le toit d'un restaurant est un endroit rêvé pour saisir toute la complexité de cette ville, avec au loin le stupa de Swayambhunath, le "temple des singes".

De bon cœur
Sur le toit du Helena's, ce jeune couple accepte de bon cœur le portrait. La photo est pour eux, le plaisir pour moi, l'échange pour nous.

Ganesh Himal Hotel
Ganesh Himal Hotel, décembre 1994 : j'y débarque chaotiquement, sans électricité, dans les bouchons de Thamel. L'hôtel a été transformé depuis, mais j'y ai retrouvé les mêmes repères : le balcon d'en face, l'école en contrebas. Ce premier contact avec le Népal m'a imprégné d'un souffle profond qui ne m'a plus quitté ; vingt ans plus tard, l'émotion est intacte.

La roue et la gazelle
La gazelle et la roue du Dharma représentent le bouddhisme tibétain. Le premier sermon public du Bouddha a eu lieu dans le "Parc aux gazelles" de Sarnath, près de Bénarès : il y "mit en mouvement la roue de la Loi", exposant pour la première fois son enseignement. Ce motif couronne l'entrée de la plupart des monastères tibétains.

Bodnath
Le stupa de Bodnath est une merveille. Majestueux, il trône à l'intérieur d'une enceinte constituée d'échoppes, monastères, petits hôtels et cafés. Certains d'entre eux offrent une vue saisissante sur le stupa et les fidèles en circumambulation lente. Le site se situe dans un improbable quartier tibétain en périphérie de Kathmandu. Après l'afflux des réfugiés tibétains vers les années 60, il est entouré de très nombreux monastères bouddhistes. Le stupa daterait du 14ème siècle.

Le soleil couchant renforce la teinte dorée, alors qu'une faible brise soulève les étoffes colorées des cinq couleurs sacrées. Selon l'école Nyingma, bleu : l'espace, la voûte céleste (akasha) ; blanc : l'air, le vent, les nuages (vayu) ; rouge : le feu (agni) ; vert : l'eau (jala) ; jaune (ou orange) : la terre (prithvi).
Les yeux apaisés du Bouddha expriment simplement la connaissance ; leur regard porte dans les quatre directions : c'est l'omniscience de l'Éveillé, qui voit tout.
Et ce que l'on prend pour un nez n'en est pas un : c'est le chiffre 1 népalais, symbole de "l'unique", la voie unique vers l'illumination, celle de l'enseignement du Bouddha.
Enfin, le troisième œil, masqué par les banderoles, figure la sagesse.

Vu d'en haut, Boudhanath dessine un immense mandala, image de l'univers bouddhiste : le dôme blanc, les drapeaux qui rayonnent, et tout autour le fourmillement du quartier tibétain. C'est l'heure où les pèlerins affluent pour la kora du soir et allument les lampes à beurre. Chaque étage du stupa figure d'ailleurs un élément, du plus terrestre au plus céleste : la base carrée, la terre ; le dôme, l'eau ; la flèche aux treize anneaux, le feu ; le parasol, l'air ; et le joyau qui le couronne, l'espace.

Les quatre frères harmonieux
L'histoire des quatre frères harmonieux se décline en plusieurs versions, mais cette figuration représente le respect des anciens et l'harmonie, au-delà des différences d'âge et de puissance.

Dîner frugal
Des repas toujours plus légers pour une mise en condition morale

Mariage de Tendi Sherpa
J'ai rendez-vous avec Gobinda pour répondre à l'invitation de Tendi Sherpa pour son mariage avec Phurwa Chhokpi Sherpa. Une chemise pour l'occasion et quelques bouteilles de vin dans un sac et c'est parti, 9 dans une jeep. Et là un accueil très émouvant de Tendi que je n'avais jamais rencontré, puis la foule des grands jours dans une grande salle avec au fond des moines qui se préparent pour la célébration avec quelques bières. Des centaines d'invitations et un mariage à la valaisanne, mais x10.