24.05.2026 /
Marius Darbellay
La racine du Shingon
Dans la pénombre du Daidenpōdō, la grande salle de Negoro-ji, l’autel resplendit d’or sous un dais doré et des lanternes ouvragées suspendues aux poutres ; un énorme chaudron de bronze attend au pied des marches. Au centre trône Dainichi Nyorai, le Bouddha cosmique du Shingon, dont nous avions vu la face courroucée en Fudō Myō-ō à Unpen-ji. Le Shingon, lui, est né au Kōyasan, que nous visiterons plus tard ; ici, à Negoro, nous en rencontrons la réforme. Au XIIe siècle, le moine Kakuban quitta la montagne sacrée pour fonder cette branche nouvelle et revenir à la racine de l’enseignement de Kūkai : c’est le sens du nom Negoro, la racine d’origine. Le temple devint une puissante cité de moines guerriers réputés pour leurs arquebuses, que Hideyoshi anéantit en 1585 ; la salle date de 1824, mais les statues ont traversé les flammes.