La mort suspendue.

Nous sommes maintenant le 25 avril 2015, je rédige mon blog quatre mois après mon voyage. La terre secoue le centre du Népal avec une force inouïe. Je suis sidéré, accroché aux nouvelles et aux réseaux sociaux durant des jours. Les images sont terribles : sur tout l'itinéraire de mon trek, je ne vois que maisons effondrées, villages dévastés, Népalais et randonneurs aux abois. Les appels aux dons se multiplient sur tous les canaux ; mais s'informer et verser un peu d'argent à distance ne font que marquer mon impuissance. Je suis profondément bouleversé. Mon blog photo s'arrête net sur cette image du glacier du Langtang Lirung, ces séracs d'une beauté majestueuse qui, ce jour-là, s'abattront sans pitié sur le village de Langtang. La veille encore, les Langtangpa s'étaient réunis au monastère pour le Ghewa, la cérémonie bouddhiste en mémoire de leurs défunts, chantant et dansant tard dans la nuit. Le lendemain, en quelques secondes, l'écroulement du glacier emporta plus de trois cents vies, dont toute une communauté de villageois dévoués à héberger les voyageurs étrangers dans leur petit coin de paradis, qui s'est transformé en enfer ce jour-là.